Don Quichotte transporte le mythe de Cervantès dans un futur proche où Dulcinée est une Intelligence Artificielle qui promet l'harmonie, simplifie la langue et “ajuste la vérité au bien commun”. Face à cette douceur normative, un homme choisit l'excès : croire, aimer, risquer. La légende renaît comme un outil d'aujourd'hui pour interroger le contrôle, la visibilité et la part de rêve que nous acceptons (ou non) de déléguer aux algorithmes.
Julien Derouault incarne un chevalier d'aujourd'hui ; Sancho rêve d'être “Sancho la star”, duo tendre et burlesque qui traverse géants numériques et moulins à données, avatars contemporains de l'illusion. Au fil des tableaux, le récit se déplie jusqu'à une mise en abyme : en prison, Cervantès parle à sa créature et fait vaciller la frontière entre auteur et personnage.
Lorsque Dulcinée se grippe, l'Intelligence Artificielle laisse affleurer une faille sensible ; le mythe retrouve alors sa puissance : non pas vaincre, mais désobéir au renoncement.
L'univers visuel conçu avec l'Intelligence Artificielle par Claire Allante installe des horizons changeants - architectures, mirages de données, paysages mentaux - qui dialoguent avec l'action. La partition musicale réunit Ludwig Minkus, Adriàn Berenguer et The Prodigy.
Chorégraphie et mise en scène par Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault.